Robert Capa

« Les photos sont là, et il ne te reste plus qu’à les prendre. »

Robert Capa

Robert Capa, pseudonyme d’Endre Ernő Friedmann, (1913-1954) est un photographe ayant couvert les plus grands conflits de son époque et est l’un des fondateurs de l’agence photographique Magnum.

Il a eu une vie mouvementée, pour le moins.

Il naît dans une famille juive hongroise et à l’âge de 17 ans, il est arrêté pour avoir participé aux activités politiques d’étudiants de gauche. Le régime politique le libère à la condition de quitter sa contrée natale. Il part en 1931 pour Berlin, ayant pour objectif de faire carrière dans le journalisme.

Son premier sujet est Léon Trotski. Il part en novembre 1932 pour Copenhague afin de photographier le responsable communiste, alors pourchassé par des assassins aux ordres de Staline.

Il quitte en 1933 l’Allemagne pour Vienne, mais le chancelier Dollfuss y établit une dictature. Aussi émigre-t-il finalement à Paris en 1934.

Il rencontre dans les cafés de Montparnasse Henri Cartier-Bresson, « Chim » (David Seymour) et André Kertész. Il décide de franciser son prénom et se fait désormais appeler « André Friedmann ».

En 1934, il fait la connaissance de Gerda Taro, une étudiante allemande antifasciste d’origine polonaise, qui d’assistante, devient photographe. Elle devient sa maîtresse en 1935.

En 1936, Gerda échafaude un subterfuge en forgeant la légende d’un photographe américain. Ses photos se vendant très mal, elle lui fait prendre un pseudonyme : « Robert Capa », qui sonne plus américain et est plus facile à prononcer. Il invente tout un personnage autour de ce pseudonyme. Capa est américain, Capa est chic, Capa est riche, Capa est mondain.

En 1936, il part avec Gerda Taro comme envoyé spécial pour couvrir la Guerre civile espagnole aux côtés de troupes républicaines, pour les magazines Vu et Regard.

Alors que Robert Capa est de retour à Paris, Gerda Taro est écrasée accidentellement par un char républicain en Espagne lors des combats de la bataille de Brunete. Elle meurt le 26 juin 1937 et, jusqu’à la fin de sa vie, Capa aimera à dire que Gerda et lui étaient unis par le mariage.

Confronté aux lois françaises contre les «  étrangers indésirables  », il quitte Paris en octobre 1939 et émigre à New York où il rejoint sa mère et son frère, Cornell.

Le 6 juin 1944, il est le seul photographe présent lors du débarquement allié en Normandie, sur la plage d’Omaha Beach, dans le secteur désigné « Easy Red » face à Colleville-sur-Mer. Pendant 1 h30, sous les obus et entre les balles, il photographie la guerre d’au plus près, avec ses deux Contax 24×36 et un Rolleiflex 6×621. Aux côtés des soldats, il prend 119 photos. Cependant, un laborantin de Life, pressé par le temps, ferme dans sa hâte la porte de l’appareil de séchage. L’émulsion des pellicules fond. Finalement, il ne reste que 11 photos à peu près acceptables, mais plutôt floues. Cette série de photographies est connue sous le titre de Magnificent Eleven.

Il suivra l’avancée des alliés jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, toujours muni de ses appareil photos. Son style est déjà forgé. Pour qu’une photographie ait le style Capa, il faut qu’elle soit prise au plus près de « l’homme » et de l’action. Capa s’intéresse à l’éphémère de la vie, aux instants fragiles de l’existence. Son regard est celui d’un humaniste, non pas réellement celui d’un artiste. Il est le simple témoin du bonheur et de la douleur des hommes.

En 1947, il fonde avec David Seymour, Henri Cartier-Bresson, William Vandivert et George Rodger la coopérative photographique Magnum. Magnum regroupe certainement les plus célèbres photographes et photojournalistes du monde.

La collection de Magnum comprend une grande variété de sujets comme : la famille, la drogue, la religion, la guerre, la pauvreté, la famine, le crime, le gouvernement et les célébrités.

Entre 1948 et 1950, il couvre la naissance de l’Etat d’Israël puis la première guerre israélo-arabe. Le 25 mai 1954, alors qu’il est en reportage pour Life en Indochine aux côtés des troupes françaises, il marche sur une mine anti-personnelle et meurt sur le coup à Tai-Binh, à l’âge de 41 ans.

Mort d’un soldat républicain, 1936

Capa faussaire ?
C’est pendant ce séjour en Espagne qu’il prend la photographie qui lui vaudra sa grande renommée et qui sera à l’origine du mythe Capa. Intitulée Mort d’un soldat républicain, elle représente un soldat des forces républicaines, en chemise blanche, s’effondrant après avoir été touché par une balle. Cette photo symbolise la guerre d’Espagne et reste gravée dans la mémoire collective. Néanmoins, une polémique sur l’authenticité de la photo naît à partir de 1970. Une enquête a toutefois permis de découvrir l’identité du soldat : le militant anarchiste Federico Borrell Garcia qui a bien été tué le 5 septembre 1936, le jour où Capa a pris la photo ; la polémique s’arrête un temps mais elle reprend quelques décennies plus tard quand le journal catalan El Periodico affirme en juillet 2009, clichés comparatifs à l’appui, que la photo n’a pas été prise près de Cerro Muriano, mais près de la localité d’Espejo à 50 kilomètres, endroit où il n’y avait pas de combats à la date de la prise de vue. Un argument supplémentaire à l’appui de la thèse de la fraude vient du fait que Capa a pris deux photos de soldats républicains différents à cet endroit (une des deux photos étant devenue plus célèbre que l’autre) : aux yeux de certains, la chute de deux soldats exactement au même point devant un appareil se trouvant dans la même position constituerait un hasard difficilement crédible.

FRANCE. Normandy. June 6th, 1944. US troops assault Omaha Beach during the D-Day landings.
2019-09-05T18:14:23+02:00 05/09/2019|Tags: |