Actu : Le premier avis sur Yencil le Stratège

Merci à Frédéric Serre, qui aura été le premier à donner son avis sur la 4ème aventure du Cycle de Barcil, Yencil le Stratège !

Mais laissons lui immédiatement la parole :
« Yencil le stratège » est une longue ode onirique à la Fantasy. La longueur de l’ouvrage se situe entre une très longue nouvelle et les prémices d’un roman. L’ambiance théâtrale et quelque peu éthérée prédomine largement l’histoire tout en soulignant certainement plus les références à Jack Vance qu’à E.Feist ou Tolkien. Ikor le nain a une mission ou devrais-je dire une quête. L’allégorie constante de la rédemption de ce héros entre mythologie arthurienne et norroise, finit par fixer notre attention au milieu de l’histoire. Évidemment, il faut faire preuve d’imagination pour suivre Jean-Marc Dopffer, l’auteur, car la narration fait partie d’une trilogie de nouvelles, intitulée « le cycle de Barcil ». Chaque nouvelle faisant référence chronologiquement à l’autre, il me semble plus juste d’évoquer ici des pièces de récit plutôt que des nouvelles à proprement parler. Ce troisième tome nous raconte les aventures d’Ikor le nain, à la fois espion et guerrier au service du puissant roi du peuple nain, Harakuk-Dûm. On sent un style dans l’écriture avec aussi quelques défauts. Les descriptions sont poétiques ainsi que les métaphores filées mais entravent parfois la compréhension de la lecture. le vocabulaire est riche toutefois une meilleure concordance des temps suffirait à tout illuminer. Les souvenirs ou le temps lointain sont illustrés par des plus-que-parfait justifiés puis brutalement coupés par des passés simples hasardeux sans précision d’avance dans le temps. Les scènes de bataille sont bien décrites avec un souffle épique qui donne vraiment l’impression d’y assister. J’aime l’ambiance intimiste en précisant cependant que les références aux races ainsi qu’à leurs actions doivent rester cohérentes. Il est douteux d’envisager un nain pistant des elfes sans se faire repérer ; tout comme des gardes nains utilisant des hallebardes qui mesurent en général entre 1,50m et 1,80m. On se laisse transporter malgré tout dans les pérégrinations d’Ikor au travers des lieux et des architectures.
Yencil, le dieu de la guerre, une référence évidente à Odin, mène le jeu et préside la destinée des peuples. On pourrait y voir un des innombrables ingrédients littéraires inhérent à la construction de cette nouvelle mais ce serait, me semble-t-il, sous-estimer l’importance qu’accorde l’auteur à l’aspect théâtral des effets de lecture. Les dialogues sont ciselés. Cependant ils gagneraient à être moins ampoulés pour moins d’obséquiosité. Je préfère certains passages dosés comme il faut, tel « le destin des mortels est entre les mains des Dieux, continua-t-elle plus fort. Toutefois, une fraction de cette destinée nous appartient. ». L’auteur a compris que l’utilisation des dialogues doit être nécessaire et cela fonctionne très bien.
Cette troisième partie du cycle de Barcil est plutôt réjouissante. Bien écrite, elle puise sa force dans la solennité des enjeux entre les royaumes et la guerre de pouvoir des dieux. J’invite les lecteurs de Fantasy à découvrir cet ouvrage, en espérant qu’un jour Jean-Marc Dopffer ait la bonne idée de fondre sa trilogie en un seul roman.

2019-09-19T00:00:44+02:00 17/09/2019|Tags: |