Lecture : Mécanique Céleste – T2 (Merwan)

Lecture : Mécanique Céleste – T2 (Merwan)

Résumé :
Après leur victoire contre Fortuna à la Mécanique Céleste, Aster et l’équipe de Pan fuient la cité et trouvent refuge dans une ancienne usine désaffectée. Ils y rencontrent une étrange communauté recluse, La Source, qui prône la neutralité envers Fortuna et Cérès. Mais la paix ne dure qu’un temps et les émissaires de Fortuna débarquent dans l’usine, bien décidés à mettre la main sur les responsables d’un attentat contre leurs dispositifs technologiques qui s’y seraient réfugiés. S’ensuit une véritable course-poursuite entre faux terroristes, vrais espions et au milieu de ce bazar, Aster et son équipe de bras cassés !
Un récit à l’énergie, à la générosité et à la bonne humeur communicative qui reprend tous les éléments qui ont fait le succès de « Mécanique Céleste » !

Mon avis
Ce deuxième volet mêle avec brio deux thématiques : la survie dans un univers où la technologie et l’ordre social se sont effondrés et la lutte pour la liberté face à l’oppression.
Aster et les siens découvrent « La Source », une communauté autonome vivant en harmonie loin du chaos extérieur. La question se pose alors au fil des pages : ce refuge résistera-t-il encore longtemps face à l’hostilité du monde extérieur ?
Un des fils conducteurs du récit est la résistance à la domination. L’auteur nous laisse à penser par sa façon de faire avancer l’histoire que l’oppression perdure même dans un monde qui devrait être à reconstruire. Il nous montre les dilemmes et les sacrifices nécessaires pour préserver sa liberté.
En tant qu’auteur, j’ai aimé la maîtrise de l’auteur à gérer le virage thématique de son histoire par rapport au premier volet de la BD.

Lecture : Jean Doux et le Mystère de la disquette molle (Valette)

Lecture : Jean Doux et le Mystère de la disquette molle (Valette)

Résumé :
Philippe s’amuse ici avec le mélange de la vie bureaucratique et l’humour aventurier : la touche humoristique ne vient pas ici uniquement du style, mais du basculement de l’aventure dans un univers totalement réaliste.L’histoire se déroule dans une petite entreprise spécialisée dans les broyeuses à papier qui vient de se faire racheter, le matin même, par un gros concurrent. L’aventure commence lorsque Jean Doux fait cette découverte mystérieuse : une mallette contenant une disquette molle dans le faux-plafond du débarras. Après avoir mis sa collègue dans la confidence à la cantine, ils décident d’enquêter.

Mon avis
Cette bande dessinée est étonnante à plus d’un titre.
D’abord, parce que derrière le dessin qui se veut très stylisé, le récit déborde d’humour absurde et de situations improbables basées notamment sur l’ennui, la routine et les paradoxes du monde de l’entreprise des années 80-90.
Nous lisons une critique sociale, qui nous pousse à réfléchir sur notre rapport au travail et à l’évolution technologique.
Ensuite, il est question dans cette BD de la nostalgie des technologies rétro.
La disquette molle, point de départ de l’intrigue, symbolise à la fois un temps révolu et une source de mystère. Cette fascination pour l’ancien contraste avec le rythme soutenu des innovations actuelles.
La capacité de l’auteur à faire évoluer son histoire par petites touches, a attiré mon attention. Au fur et à mesure de l’avancée du récit, l’histoire ouvre des tiroirs inattendus, comme la découverte d’un corps quelque part dans les profondeurs de l’immeuble, et les aspects juridiques liés aux innovations et à leur utilisation…
Une BD qui cache son jeu, à découvrir !

Lecture : Les robots rêvent-ils de moutons électriques ? (Dick)

Lecture : Les robots rêvent-ils de moutons électriques ? (Dick)

Résumé :
Le mouton n’était pas mal, avec sa laine et ses bêlements plus vrais que nature – les voisins n’y ont vu que du feu. Mais il arrive en fin de carrière : ses circuits fatigués ne maintiendront plus longtemps l’illusion de la vie. Il va falloir le remplacer. Pas par un autre simulacre, non, par un véritable animal. Deckard en rêve, seulement ce n’est pas avec les maigres primes que lui rapporte la chasse aux androïdes qu’il parviendra à mettre assez de côté. Holden, c’est lui qui récupère toujours les boulots les plus lucratifs – normal, c’est le meilleur. Mais ce coup-ci, ça n’a pas suffi. Face aux Nexus-6 de dernière génération, même Holden s’est fait avoir. Alors, quand on propose à Deckard de reprendre la mission, il serre les dents et signe. De toute façon, qu’a-t-il à perdre ?

Mon avis :
Rappelons que le livre a été écrit en 1966, et qu’il a donné naissance au film Blade Runner. Ce qui fait de lui une pièce majeure d’anticipation.
Philip K. Dick interroge le lecteur sur les sentiments et leurs origines. Les robots peuvent-ils ressentir des émotions et partager des sentiments ? L’auteur interroge le lecteur sur la complexité de vivre avec des êtres synthétiques privés d’empathie, qui n’éprouvent que des émotions artificielles. Ces êtres électriques éprouvent pourtant des désirs, des peurs, et ont une véritable quête de sens. C’est justement ce qui produit la subtilité du roman : la frontière entre l’inné et le simulé et brouillée.
Parallèlement, l’incapacité de l’humanité à distinguer le vivant de l’artificiel illustre une crise d’identité collective, qui révèle une humanité en quête d’authenticité et aveuglée par ses préjugés. Par ce biais, l’auteur nous interroge sur la définition même de l’humain face à la montée de l’artifice.
En tant qu’auteur, j’ai été touché par l’ambiance du roman. Nous évoluons dans un monde détruit et vide. Cela évoque pour moi le travers des réseaux sociaux (la fameuse boîte à emptahie du roman) où, vu de ce prisme numérique, tout ce qui est réel devient terne et gris.

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